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Les élections municipales : un temps fort de la vie démocratique

La politique municipale ne se réduit pas à gérer des choses
Depuis 2005, les élections municipales sont tenues au même moment tous les quatre ans dans les 1100 municipalités du Québec. En 2017, ce sera le dimanche 5 novembre. À cette occasion sont élus le maire ou la mairesse, ainsi qu’au moins six conseillers ou conseillères. Dans les villes de plus de 20 000 habitants, la personne conseillère est associée à un district électoral. Selon la loi qui régit son fonctionnement (le Code municipal ou la Loi sur les cités et villes), le conseil municipal prend les décisions dans des champs de compétences qui lui sont exclusifs (transport en commun, sécurité incendie, eau potable et assainissement des eaux usées, matières résiduelles) ou partagés (habitation, réseaux routiers, police, loisirs et culture, parcs et espaces verts, développement économique et aménagement du territoire).
Le conseil municipal a un pouvoir de taxation et un rôle de développement humain. Il s'assure que les service…

Développer une culture d'apprentissage

Voici une réflexion que j'ai proposée à un groupe de 500 personnes intéressées par l'éducation et réunies à Québec le 12 septembre 2016 pour discuter d'une future politique nationale d'éducation.

Une politique, c’est d’abord une vision du monde Une politique, c’est d’abord une vision du monde, ensuite traduite en actions. Il n’y a de vent favorable que pour celui qui sait où il va (Sénèque). Où allons-nous en éducation? Vers quels lieux et par quels chemins? Une politique est une route balisée d’actions du quotidien, mais orientée vers un rêve, une utopie. Excellents? Nous ne le serons jamais tout à fait. Pertinents? Encore faut-il savoir par rapport à quoi. Efficients? Oui, mais en nous rappelant que ce mot ne se conjugue pas qu’au mode impératif économique parfait. Nous devons tendre vers l’excellence, la pertinence et l’efficience, donner un sens à nos efforts individuels et collectifs et éviter le réflexe tout humain de déterminer nos actions (et nos politiques) e…

Faut qu'on se parle

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J’ai participé hier à Québec à la consultation publique Faut qu’on se parle en compagnie de ma femme Judith, de ma fille cadette Juliette et de mon genre Francis, conjoint de ma fille aînée Noémie. Près de 400 personnes s’étaient regroupées au Musée de la civilisation pour cet exercice.
La méthode L’espace était aménagé avec une quarantaine de tables regroupant chacune dix personnes. Sur chaque table était posée une tablette électronique. En première partie, nous avions à répondre à des questions en lien avec les trois thèmes privilégiés ce soir là: le climat, l’éducation et la démocratie. Ce sont 669 réponses courtes qui ont été enregistrées. En deuxième partie, des cartes conceptuelles liées à chacun des trois thèmes étaient projetées sur grand écran et les membres du collectif (Gabriel Nadeau-Dubois, Jean-Martin Aussant, Maïtée Labrecque-Saganash, Aurélie Lanctôt, Claire Bolduc et Will Prosper) commentaient les réponses. Parfois, nous devions voter sur certaines propositions grâce à …

La politique de la peur

Article paru dans Le Mouton noir de mai-juin 2016

Human Rights Watch, une organisation internationale de défense des droits humains, a produit en 2016 un rapport au titre explicite : Comment la politique de la peur et la répression contre la société civile compromettent les droits humains. La peur est le grand vecteur des évolutions récentes en matière de politique, mais c’est depuis toujours que les gouvernants exercent la politique de la peur.
D’hier à aujourd’hui Une politique est un plan d’action qui vise à mettre de l’ordre dans un secteur de la société et à régler des problèmes sectoriels, par exemple en matière de santé ou d’éducation. Les politiques proposent des orientations assorties d’actions ciblées. Ces orientations sont généralement vertueuses, mais sous cette vertu se dissimulent parfois des intentions moins nobles. Le terme agenda caché, calque de l’anglaishidden agenda, désigne un programme d’action qui doit rester secret, ou à tout le moins discret. L’anal…

Les grands pis les petits

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On se souviendra lors de la campagne électorale fédérale de 2015 le soutien apporté par Wayne Gretzky au premier ministre conservateur sortant Stephen Harper. L'année précédente, il l'avait d'ailleurs qualifié de "one of the greatest prime ministers ever". "Is The Great One crazy?" s'était alors étonné un chroniqueur. Gretzky est sans doute un des plus grands joueurs de hockey canadien. En ce qui a trait à ses choix politiques et à sa conscience sociale, on repassera.

Plus près de nous, un joueur de hockey certes moins talentueux (quoique exceptionnel à sa manière), Joé Juneau, continue de s'engager en servant le bien commun. D'abord le type a investi son fric de joueur de hockey dans des entreprises et des initiatives de sa région, Portneuf. Ensuite, il a initié et mis en oeuvre lui-même un programme de sport-études dans le Nunavik pendant de nombreuses années. Sa jeune famille l'accompagnait et vivait au rythme du peuple inuit. Depuis…

Ce cher Darren

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Dans mon billet précédent, j'indiquais que Darren Butler, responsable des communications pour Victor Dodig (source de la photo), qui lui est chef de la direction de la Banque CIBC, acceptait de me parler au sujet de mon "commentaire associé à l'allocution devant le Cercle canadien d'Ottawa". Rappelons en substance que Victor Dodig affirmait que les Canadiens étaient généralement suréduqués, mais sous-qualifiés pour les emplois dont l'économie a besoin. Cette affirmation, aussi explicite, se retrouve dans les articles d'Andy Blatchford de la presse canadienne, en français et en anglais. J'ai eu une conversation téléphonique d'une vingtaine de minutes avec Darren Butler.

D'emblée, le type m'informe que notre conversation est enregistrée. Je n'ai donc pas à avoir quelque gêne à en rendre compte publiquement. Il s'exprime dans un français laborieux, mais néanmoins acceptable pour une personne qui travaille à Toronto. Une recherche Int…

Depuis l'insignifiant Victor jusqu'au signifiant Carol

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La chronique de Jean-François Nadeau parue dans Le Devoir du 30 novembre m'a plu énormément, par son ton et par son propos. Il revient sur la déclation de Victor Dodig (source de la photo), chef de la direction de la Banque CIBC, qui révélait aux dirigeants d'entreprises réunis au Cercle canadien d'Ottawa le 24 novembre que les Canadiens étaient trop instruits et pas assez qualifiés: "Nous ne produisons pas le genre de compétences dont les industries ont besoin. (...) Les programmes offerts aux étudiants devraient être davantage en phase avec les besoins spécifiques de l'industrie".

Je n'ai jamais rencontré de gens trop instruits. Des personnes insignifiantes, imbues d'elles-mêmes et de leur pouvoir, j'en croise à l'occasion et ça me fait généralement plaisir. Cela confirme qu'elles existent "pour de vrai" et qu'il n'est pas vain de dénoncer leurs actions, surtout lorsque ce sont des personnes influentes comme ce bon Vic…