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Affichage des articles du février, 2015

Qu'est-ce qui fait se lever chaque matin le ministre Bolduc ?

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Je suis de ceux et celles qui jugent sévèrement la performance et les réalisations d'Yves Bolduc depuis qu'il préside aux destinées du ministère de l'Éducation. En périphérie du politique, il ne brille guère plus: rappelons la saga des 1500 patients orphelins, ou encore celle du restaurant dont il est copropriétaire et qui a contrevenu à la Loi sur l'administration fiscale. Je trouve cependant que le traitement qui lui est réservé actuellement dans la presse traditionnelle et dans les médias sociaux frôle le harcèlement psychologique. Bien que ministre peu compétent dans ce domaine complexe qu'est l'éducation (il a sûrement plusieurs autres qualités), une personne ne mérite pas de tels assauts verbaux, au quotidien. D'autant qu'il ne semble pas non plus avoir de grands alliés parmi les siens, sûrement pas en tout cas du côté de son homologue de la Santé et des Services sociaux, aussi subtil dans ses propos qu'un lavabo bien récuré, qui l'a souve…

L'esprit des lumières

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L'esprit des Lumières, la philosophie des Lumières, le siècle des Lumières, le XVIIIe siècle... Tzvetan Todorov propose une remarquable synthèse qui permet d'y voir plus clair. Trois idées caractérisent le projet: l'autonomie, la finalité humaine de nos actes et l'universalité. Les Lumières produisent un monde désenchanté, rejetant le surnaturel et favorisant l'épanouissement de la science. La pensée des Lumières est un humanisme. Les objectifs visés n'ont pas été atteints, mais l'idéal a été accepté. Ce n'est pas "une doctrine historiquement située, mais une attitude à l'égard du monde" (p. 141). Les détournements modernes des acquis des Lumières ont pour noms scientisme, individualisme, perte de sens et relativisme généralisé (p. 142). En complément, une exposition virtuelle de la Bibliothèque nationale de France.

Un manifeste pour changer l'éducation

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Edgar Morin est mon intellectuel préféré. Je me fais un devoir de lire tout ce qu'il publie. Enseigner à vivre est un petit opus publié en 2014 qui reprend plusieurs  thèmes qui lui sont chers, mais dans une forme accessible organisée comme un manifeste pour changer l'éducation. Une réforme, plus riche qu'une révolution, voire une métamorphose, est nécessaire pour bien vivre. Il faut apprendre à apprendre, connaître la connaissance dès les premières classes jusqu'à l'université. "Il faut apprendre à naviguer dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitude" (p. 37) souligne-t-il. En lien avec l'université, il critique la professionnalisation, la technicisation et la rentabilité économique: "La sur-adaptivité est un danger qu'avait bien vu Humboldt puisqu'il disait que l'université a pour mission de donner les bases de connaissances de la culture et que l'enseignement professionnel doit relever d'écoles spé…

Gros mots d’un chroniqueur politique

Il y a quelques mois, je publiais dans Argotica, la revue internationale d'études argotiques, dans son numéro thématique sur les gros mots de la politique, une analyse du discours du chroniqueur politique Richard Martineau durant le Printemps érable. Cet article, dont voici le résumé, est en libre accès (format PDF).

En 2011, le gouvernement du Québec impose une hausse de 75% des frais  de scolarité universitaire. Cela suscite un tollé et se traduit à compter de février 2012 par une grève générale illimitée des étudiants. L’effervescence favorise alors un élargissement de la crise et une remise en question du gouvernement et de ses politiques d’inspiration néolibérale, qui conduisent à une élection anticipée en septembre 2012 et au choix d’un nouveau gouvernement. Cette crise politique, le Printemps érable, provoque un clivage au sein de la société québécoise. Nous proposons les résultats d’une analyse du discours d’un chroniqueur politique influent, polémiste de droite et partisan…

Le travail des enfants

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On connaît déjà les photos célèbres d'ouvriers en équilibre sur des poutres d'acier dans le ciel de New York prises par Lewis Hine. Ses portraits d'enfants au travail révèlent toutefois une dimension cruelle du capitalisme industriel du début du XXe siècle aux États-Unis. Voici 25 vieux clichés saisissants du travail des enfants vu par Lewis Hine, depuis le site humaniste Mr Mondialisation.